Catégorie : Traduction automatique

Petit aperçu historique de la T .A et la TAO

Partie 2 : 1966 – 1995

 

Dans un article précédent (que vous pouvez trouver ici), nous avons vu les débuts de la Traduction Automatique. Suite au rapport de l’ALPAC et à l’arrêt des subventions nord-américaines, les recherches en la matière ont presque entièrement cessé aux États-Unis et en Grande-Bretagne.  Cependant, un nouvel objectif se dessine : la poursuite de la Traduction Assistée par Ordinateur. Le rapport encense en effet les glossaires de l’Agence de traduction de l’armée allemande et la base terminologique de l’Union Européenne (qui s’appelait encore à l’époque la Communauté européenne du charbon et de l’acier), qui sont vus comme de véritables aides à la traduction, et encourage au développement de tels outils.

La fin des années 1960 et le début de la décennie suivante s’avèrent assez calmes en termes d’avancées techniques. Les recherches se poursuivent en URSS, mais aussi en Europe (principalement en France, en Italie et en RFA), la création de la CECA créant de nouveaux besoins. Le gouvernement canadien, ayant récemment mis en place une politique de « biculturalité », commence lui aussi à s’intéresser aux méthodes de traductions automatiques. Jusqu’à présent, les systèmes utilisés étaient principalement des systèmes « directs », c’est-à-dire qui traduisent directement, sans pousser l’analyse de la syntaxe et du vocabulaire. La période entre 1966 et 1976 est quant à elle marquée par l’exploration des systèmes interlinguaux, qui fonctionnent en deux étapes : d’abord l’analyse du texte source, puis sa traduction. L’approche interlinguale demandant beaucoup de temps et des corpus importants (400 000 mots), le transfert, qui est jugé plus « utilisable » malgré son niveau d’analyse plus superficiel, lui est préféré.

Il faudra attendre les années 70, avec la création de logiciels de mémoires de traduction permettant de réutiliser d’anciennes traductions pour que la traduction assistée par ordinateur prenne vraiment son envol. La seconde moitié des années 1970 et le début des années 1980 sont marqués par le développement d’organisations dites « supranationales », qui créé d’importants besoins en traduction. On peut notamment citer les systèmes espagnol-anglais (SPANAM) et anglais-espagnol (ENGSPAN) de l’organisation panaméricaine de la Santé (Pan American Health Organisation) en 1980 et 1984 respectivement, ou encore le programme canadien TAUM-METEO, installé dès 1977 au Centre Canadien de l’Environnement et qui permettait de traduire les bulletins météos de l’anglais vers le français. Entre 1982 et 1986, le Japon fait lui aussi ces débuts dans le domaine de la traduction automatique, sous l’impulsion du Ministère de l’Industrie et avec la participation de grands groupes privés.

Entre 1985 et 1995, on assiste à un retour en force de la TAO aux Etats-Unis suite aux progrès de la linguistique computationnelle et de l’informatique. Des recherches de pointe visent notamment à trouver un moyen de traduire les conversations téléphoniques.

 

Nous avons donc fini ce petit aperçu historique de la T.A et de la TAO. J’espère que ça vous a plut et que vous avez appris quelque chose  😉

Laure-Anne P

 

SOURCES:

Google : vers une amélioration des services de traduction ?

Bonjour à tous !

Je sais, je sais qui dit Google traduction, dit traduction littérale sans prise en compte du contexte. Ce qui donne une traduction affreuse, mal construite, qui ne respecte ni la grammaire, ni la conjugaison.

Et si tout cela appartenait au passé ?

En septembre 2016, Google a amélioré Google traduction en y intégrant un système de traduction automatique neuronal fonctionnant comme un cerveau humain (Google Neural Machine Translation system ou GNMT). Le  logiciel ne traduit, donc,  plus chaque mot séparément, mais fait le lien entre ceux-ci  afin de traduire la phrase dans son ensemble.

Ce type de traduction ne concernait, au début, que 9 langues : l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le chinois, je japonais, le coréen et le turc. Ce qui correspondait déjà à environ 35% des demandes de traduction via ce site. Le système s’est depuis développé, et couvre désormais 3 langues supplémentaires : le vietnamien, le russe et le hindi.

Cela représente une avancée considérable pour le monde de la traduction automatique. Néanmoins, la qualité des traductions obtenues reste, encore aujourd’hui, inférieure à celle que peut fournir un traducteur.

Cependant, si le but est juste de comprendre globalement un texte, ce site peut vous être utile.

À très bientôt 🙂

AC

 

Sources:

Google’s smarter, A.I.-powered translation system expands to more languages

https://research.googleblog.com/2016/09/a-neural-network-for-machine.html

Un appareil à avoir sur soi lors de voyages à l’étranger

Bonjour, bonjour tout le monde !

En parlant de traduction, quand est-ce que l’on ressent le plus le besoin de communiquer dans une autre langue? Lors de nos voyages à l’étranger (vacances, voyage d’affaire ou autres). C’est dans ces moments-là que l’on se dit « Et zut, j’aurais dû être plus attentif à l’école pendant les cours d’anglais (ou de n’importe quelle autre langue). » Et l’on se dit que cela serait plus simple si tout le monde parlait la même langue. Et bien cela pourrait bien être le cas désormais.

Étant une grande passionnée de la langue japonaise, j’ai récemment découvert un appareil de traduction simultanée appelé ili grâce à cette vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=S0X9AVrgyuQ

C’est un dispositif qui traduit avec deux secondes d’intervalles toute question ou phrase prononcée d’une langue vers une autre sans avoir besoin d’une connexion à internet. Cet appareil fonctionne grâce à de multiples dictionnaires de voyages intégrés.  Pour l’instant, il ne propose une traduction que pour trois langues : l’anglais, le japonais et le chinois. Cependant, le nombre de langues proposées augmentera proportionnellement à la demande.

Si vous voulez en savoir d’avantage sur ce dispositif, je propose à ceux comprenant l’anglais de se rendre sur ce site internet : http://iamili.com/ et pour les autres, je propose ce site : http://www.neozone.org/innovation/ili-le-traducteur-instantane-qui-brise-la-barriere-de-la-langue/

J’espère que cet article sera utile à tous les (futurs) voyageurs !

A bientôt 🙂

AC

Zoom sur… SYSTRAN

               SYSTRAN (pour System Translation) est l’une des plus anciennes entreprises développant des logiciels de traduction automatique. Son fondateur, le hongrois Peter Toma, a commencé à développer le logiciel de T.A du même nom dès 1964. Il fonde officiellement l’entreprise en 1968.

                SYSTRAN est l’un des rares systèmes de traduction automatique à avoir survécu aux coupes budgétaires du gouvernement américain suite au rapport de l’ALPAC en 1966 (voir ici).  Le logiciel servit dans un premier temps à traduire des textes techniques et scientifiques russes en l’anglais, dans le contexte de la guerre froide. La traduction était plutôt approximative, mais compréhensible. Le logiciel a par la suite grandement élargit son nombre de combinaison de langues (130 paires de langues actuellement) et amélioré la qualité de sa traduction.

Le logiciel a pendant longtemps été utilisé par le Département de la défense américaine et par la Commission européenne. Il est également utilisé par des compagnies comme Yahoo ! et Altavista, ainsi que par Google Translate, jusqu’en 2007. La compagnie propose des versions de son logiciel pour les particuliers à des prix abordables, ainsi que des versions pour les entreprises (à des prix beaucoup moins abordables) fonctionnant sur serveur Unix, Linux et Windows. Il existe plusieurs produits :

  • SystranLinks(service de traduction de sites Web)
  • SystraNet(service gratuit de traduction en ligne)
  • Gadget Systran (petit traducteur et dictionnaire en ligne pour les utilisateurs de Windows Vista)
  • Des versions desktop et Pocket PC (Premium, Business, Office, Home, Web et Mobile Translator)

 

L’entreprise a été rachetée par la famille Gachot en 1986, et appartient depuis 2014 à la société coréenne CSLi.

 

SOURCES :

Petit aperçu historique de la T.A et de la TAO

Partie 1 : 1948 – 1966

 

Allyson a déjà défini la T.A  et la TAO dans l’introduction de ce blog, et vous trouverez plus d’informations dans le glossaire, mais j’aimerais vous donner un bref aperçu leurs origines et de leur évolution. Cette petite histoire de la T.A et de la TAO se présentera en deux parties. Dans cet article, nous allons commencer par les débuts de la traduction automatique.

Pour ceux au fond de la classe qui n’ont pas lu l’introduction (que vous pouvez retrouver ici), la traduction automatique (TA) est une traduction entièrement réalisée par informatique. Il ne faut pas confondre avec la traduction assistée par ordinateur, qui est une traduction effectuée à l’aide d’un ordinateur (comme son nom l’indique), mais qui nécessite la présence et le contrôle d’un traducteur qualifié.

La T.A est née aux Etats-Unis, sous l’impulsion de la Défense américaine. En pleine guerre froide (nous sommes à la fin des années 1940), le gouvernement américain cherche en effet à créer un système de cryptographie et de traduction pour obtenir des renseignements sur « l’ennemi ». En 1948, dans son Memorandum on Mechanical Translation, le cryptographe Warren Weaver énonce plusieurs problématiques qui constitueront les axes de recherches pour les décennies suivantes. Il s’intéresse notamment à la structure logique des langues, l’universalisme du langage, et la structure syntaxique. Il estime alors qu’une traduction automatique est envisageable, mais uniquement dans certains cas. Pour lui, il est ainsi impossible de traduire un texte littéraire de façon automatique. Seule la traduction de textes techniques et scientifiques peut s’effectuer de cette façon, et même dans ces domaines, Weaver estime qu’il est impossible d’atteindre l’exactitude et la qualité d’une traduction humaine. Il défend en fait une position proche de ce qui deviendra plus tard la traduction assistée par ordinateur.

Quoi qu’il en soit, son « memorandum » est adressé à de nombreux chercheurs américains et servira de base pour les études qui mèneront à  l’invention de la première « machine à traduire », The US Air Force Automatic Language Translator (nom de code : Mark I). Les résultats s’avèrent décevants, mais le gouvernement continue à accorder son soutien et des financements importants à la recherche dans le domaine. Les années 1950 et 1960 sont marquées par de nombreux projets visant à développer la traduction automatisée à grande échelle. Ces deux décennies verront naître de nombreux projets novateurs, tant du point de vue théorique que pratique. On peut par exemple citer la résolution des ambiguïtés grâce aux méthodes statistiques de Kaplan en 1950, ou encore l’ébauche d’un système basé sur les mémoires de traduction de Koutsoudas et Humesky en 1957.  La première démonstration publique d’un système de traduction automatique a lieu à New-York en 1954. L’événement est largement couvert par les médias, et suscite un grand intérêt auprès du public.

Mais en 1966, tout s’arrête. Le rapport de l’ALPAC (Automatic Language Processing Advisory Commitee) annonce que la traduction automatique est hors de portée, et que seule la traduction assistée par ordinateur peut donner des résultats satisfaisants. La T.A demande en effet un travail de post-édition bien trop important, ce qui demande du temps, et les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des millions de dollars investis. Dès lors, la traduction automatique n’est plus inscrite officiellement aux programmes de recherches nord-américains.

 

C’est tout pour cette fois 🙂

Nous verrons dans un prochain article quelles ont été les conséquences du rapport de l’ALPAC sur la recherche, et comment s’est développée la TAO.

Laure-Anne P.

 

SOURCE:

GUIDERE, Mathieu. Introduction à la traductologie. Bruxelles : De Boeck, 2010. chapitre 10