Google Traduction et les contre-sens : Même les footballeurs trinquent !

Chers camarades traducteurs, cela doit faire depuis votre entrée à la fac, voire même avant, qu’on vous avertit à ce sujet, que l’on a de cesse de vous le rabâcher : En traduction, attention, warning, Achtung, cuidado, méfiez vous des contre-sens !
Eux sont le mal, les démons à chasser, la langue cible truffée de faute, leur réceptacle, et vous, les exorcistes.
Enfin bref, vous voyez le tableau.

Mais quel rapport avec le football et Google Traduction alors ?
Eh bien, aucun… hormis le fait que Google Traduction commence à devenir coutumier du fait de provoquer des polémiques suite à des malentendus à cause de leurs mauvaises traductions, de termes cruciaux, dans des déclarations, faites en langues étrangères, et mal retranscrites en français.

Ainsi, voilà les faits : Vendredi dernier, alors que le rideau tombait sur le dernier match de la saison 2018-2019 du championnat de France de ligue 1, un défenseur Brésilien jouant à l’Olympique Lyonnais, du nom de Marcelo, était enthousiaste après la victoire de ses coéquipiers sur la pelouse de Nîmes (3-1) et a donc, selon le site internet Foot01.com, posté en anglais sur les réseaux sociaux :
« I was happy to hitting our target and leave the club where he deserves to be in the Champions League ».
Or, toujours selon la même source, Google Traduction aurait fait un gros contre sens quant à la traduction du verbe « to leave » dans cette phrase en le traduisant en contexte par « quittait ». Par conséquent, tous les fans du club ont cru que le joueur les informait de son départ alors que ce n’était pas du tout ce qu’il voulait dire.
En réalité, il fallait ici comprendre ce verbe, « to leave », par « laisser », au sens de « laisser le club là où il mérite d’être », (c’est-à-dire, que le club ne se fait dépasser par aucune autre équipe, et donc, il est, en ne se faisant pas doublé au classement, « laissé tranquille » et reste donc à la place « où il mérite d’être », selon le joueur, celle qui est qualificative pour la compétition européenne appelée « ligue des champions »).

Certes, l’anglais du joueur, ici, était un peu ambiguë, voire complètement bancal tant l’emploi de « to leave » prêtait à confusion.
Il aurait pu, par exemple, employer une tournure verbale plus facilement compréhensible comme « I was happy […] and having the club where he deserves to be in champions League ». (Ici « having », dans un sens de résultat que l’on obtient au bout du compte). Cela aurait était mieux compris et aucune idée de départ personnelle n’aurait pu être interprétée.

Enfin, toujours est-il qu’à cause de cette confusion, le joueur Brésilien, toujours d’après Foot01.com, s’est empressé de démentir l’information, et a donc reposté, toujours en anglais, les propos suivants : « J’aimerais vous faire savoir que dans mon dernier message, je n’ai pas dit que je quittais Lyon. J’ai seulement dit que j’étais heureux que nous nous soyons qualifiés pour la Ligue des champions. Je suppose que l’anglais n’est pas la langue maternelle de certains journalistes en France et qu’ils ont mal interprétés et écrit des articles incorrects. Je vais être clair une nouvelle fois, je ne quitte pas Lyon et j’ai l’intention de respecter mon contrat avec le club ».

En conclusion, si on oublie les frasques de Google Traduction, et que l’on « philosophe » quelque peu sur la déclaration de Marcelo, fin mot de l’histoire : les grattes-papiers Français n’ont qu’à retourner sur les bancs de l’école pour apprendre l’anglais et quant aux footballeurs étrangers non-anglophones… ils sont seulement payés pour taper dans un ballon, pas pour égaler Shakespeare.
Comme quoi, quand on dit « chacun son métier », ça se confirme;
ceci dit, l’adage « il n’ y a pas de sots métiers, que de sottes gens » semble lui aussi plus vrai que nature.

A méditer donc, et si vous en voulez davantage, regardez par ici.
Bonne lecture.
La Rédaction.
LEGEAY Alexandre
LÖFFEL Johan
PARMENTIER Benjamin