Traduction : Plaie budgétaire pour le Parlement Européen ?

A peine sorti du contexte des élections européennes, ayant fait pas mal d’émules, voilà que le système politique européen se trouve être à nouveau la cible d’une nouvelle polémique budgétaire publique car il serait tenu pour responsable d’un nouveau problème, dans un avenir à moyen (voire court terme) : le budget du Parlement Européen, voté, depuis un moment déjà, pour l’année 2020, estimé à une hauteur dépassant la modeste somme de 2 milliards d’euros.
Alors, véritable gaspillage de l’argent publique ? surexploitation financière des contribuables ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a forcément une raison à tout cela, à tous ces « incompréhensibles surcoûts », et qui nous amèneraient, selon Le Monde, à « un certain nombre de dérives ».

Or, il se trouve que, « plusieurs dérives financières » seraient, selon Le Monde toujours, à « pointer du doigt » pour expliquer et remédier au budget si conséquent du Parlement Européen.
Et justement, le domaine de la traduction n’est, financièrement, pas en reste au niveau des subventions attribuées par l’Europe…

En effet, au secrétariat du Parlement Européen, situé à Luxembourg, ce ne sont pas moins de 24 langues officielles qui sont présentes. Ceci s’explique par le fait que les eurodéputés y travaillant ont le droit d’exercer leurs professions dans leurs langues natales.
Par conséquent, la traduction d’une seule page de l’organe européen doit être traduite, irrémédiablement, en 24 langues, et cela n’est pas gratuit. D’ailleurs, pour vous donner une idée de l’ampleur que les prestations de traductions peuvent prendre, d’un point de vue financier : la traduction d’une seule page (en 24 langues) revient à 145€ la page et une heure d’interprétariat est facturée, en fonction des langues demandées, entre 270€ et 311€ (alors que, à titre de comparaison, un traducteur assermenté en France facture en moyenne ses prestations entre 40€ et 150€, en fonction du nombre de mots, de la mise en page à réaliser et de la difficulté du domaine de la traduction demandée).
Envie de vous faire une place au soleil à Luxembourg tout d’un coup ?

En définitive, le cas du Parlement Européen nous montre que, en ce qui nous concerne, les futurs traducteurs, même si cela à tout du « bon plan » pour gagner sa vie décemment, sans trop « cravacher » dans l’exercice de ses fonctions, cela pourrait malgré tout, poser à certains, un cas de conscience, le fait de bien gagner sans avoir trop à faire, tout en jouissant des meilleures infrastructures grâce à la poche du contribuable. On pourrait bientôt confondre, dans l’opinion publique, « traducteurs » et « profiteurs ».
Cela relève donc d’un choix cornélien : Que préférez-vous ?
D’un côté, être un fonctionnaire européen qui « se met bien » tout en profitant sur le dos des contribuables européens et en être ainsi réduits au même rangs que nos députés inutiles en France ?
Ou d’un autre côté, être un humble traducteur servant son pays dignement et qui se fait à l’idée que ses prestations lui rapporteront certes moins, mais qu’il sera en revanche considéré, non pas comme un « profiteur » (et/ou un « branleur » pour les intimes) qui se la coule douce, mais bien comme « un travailleur qui en a » et surtout qui en veut!

Sur ce, méditez bien sur votre avenir, grâce à ce cas de figure (que votre conseillère d’orientation ne sera jamais capable de vous donner).
Si vous voulez en savoir plus : c’est par ici.
En attendant, à très vite!

Bonne lecture.
La Rédaction
Legeay Alexandre
Löffel Johan
Parmentier Benjamin

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