Traductions racistes de Reverso: Réputation entachée de manière irréversible?

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a dénoncé jeudi dernier des traductions présupposées en substance « haineuses et antisémites » à l’encontre de la communauté juive.

En effet, la Licra a exprimé son dégoût et fut révoltée devant « des propositions de traductions trempées dans l’antisémitisme ». Tout est en fait partie d’une traduction de phrase (anglais-français) proposée par le dictionnaire en ligne Reverso context traduisant la phrase anglaise « Hitler was a lot nicer to the Jews than they deserved » par « Hitler était plus gentil avec les juifs qu’ils ne le méritaient ».
Ainsi, choquée par cette traduction, à leur yeux, « antisémite », la LICRA a porté plainte contre Reverso et a exigé « une correction rapide ».

En réaction à cette polémique grandissante ayant mis le feu au poudre sur les réseaux sociaux, Théo Hoffenberg, PDG français de Reverso, a défendu son dictionnaire en ligne en expliquant que Reverso Context effectue ses traductions via des algorithmes recensant des références de textes en lignes collectés sur Internet mais également collectant des données à travers des livres, séries Tv , films, etc. Le but d’un tel dispositif étant bien sûr que l’onglet « contexte » de Reverso soit capable de constituer pour l’utilisateur une aide afin d’être le plus idiomatique possible dans une dizaine de langues.

Cependant, la polémique a enflé davantage car outre cette phrase, d’autres exemples provenant du même onglet de Reverso ont été trouvés et sont tout aussi contestables car sont susceptibles « d’attaquer » les communautés noires et la gente féminine à l’instar des traductions « quand les Noirs emménagent le taux de criminalité augmente » pour le segment « Blacks move in, crime goes up » ou encore « women should » traduit par  » « les femmes devraient être frappées comme des gongs » (référence tirée de la comédie de mœurs Private lives dont le scripte date de 1930).

En définitive, que pensez de tout cela?
Le mieux serait de rester nuancé(e)s car, malgré les conséquences pouvant blesser certaines communautés du fait de divulguer des traductions « choques » ébranlant l’étique actuelle, en tant que traducteurs, il faut garder à l’esprit que, si la phrase à traduire provient d’une référence étrangère (film, série venant d’un autre pays, etc.) raciste (et/ou antisémite), eh bien ,un traducteur (ou site de traduction) n’aura que d’autres choix que de traduire cette phrase aux nuances racistes (ou antisémites) telle qu’elle est.
La traduction ne devrait en aucun cas faire passer les opinions du traducteur comme « en accord » avec la traduction finie.
Moralité: en traduction, il faut toujours « appeler un chat un chat ».

A très bientôt pour de nouveaux articles toujours aussi fédérateurs et conciliants dans ce magnifique sanctuaire des idées que nous appelons « objectivité ».

La Rédaction.
Legeay Alexandre
Löffel Johan
Parmentier Benjamin