Français + vocabulaire de la « tech » : Problème technique pour la traduction ?

Depuis la seconde moitié du XXème siècle environ, c’est toujours la même mode linguistique qui semble se pérenniser dans la langue de Molière, à savoir l’emprunt de mots anglais pour remplacer des mots français existant pourtant déjà pour un terme donné mais qui, on ne va pas se mentir, sonnent bien moins « experts » et en jettent beaucoup moins si on souhaite paraître « cool » dans le domaine de la « high-tech ».

Ainsi, dans un tel contexte, apparaissent dans la bouche des francophones des mots aussi surprenants que ronflants à l’instar de termes comme « Binge-watching », « fact-checking », « civic tech » pour traiter du domaine du numérique, cet océan futuriste, composé de « streaming », de « data » et de « gaming » semblant déferler à toute vitesse dans le secteur du numérique de l’Hexagone et qui emporte sur son passage toute résistance des défenseurs du Français.

Cependant, depuis vendredi dernier, travaillant en étroite collaboration avec l’Académie Française, la Commission d’enrichissement de la langue française (assemblée de personnalités bénévoles sélectionnées par les membres du gouvernement et placées sous l’autorité du ministère de la Culture et du Premier ministre) a proposé au Journal Officiel une dizaine de traductions françaises pour ces anglicismes relatifs aux nouvelles technologies. Serait-ce, pour le français un phare dans la nuit ? Un reste d’épave au beau milieu des flots déchaînés ? Ou encore un dernier roc stoïque dans la tempête ?

En définitive, ça donne quoi ? eh bien des traductions plus ou moins digestes en fonction des goûts et des douleurs de chacun. Donc pour les termes évoqués ci-avant, vous pourrez désormais trouver : « technologie civique » pour traduire « civic tech », « visionnage boulimique » pour « Binge-watching » (le fait de regarde en boucle des séries), « fact-checking » pour « vérification des faits », ou encore des mots tout aussi recherchés comme « cyberdépendance » et « cyberactivistes » traduisant « cyberaddiction » et « hacktivists ».
La résistance semble donc s’organiser contre l’oppresseur linguistique d’outre Manche sauf qu’il y a une ombre au tableau : Les traductions françaises proposées ne semblent pas très sexy, ni à l’œil, ni à l’oreille, et ne semblent donc pas prendre le chemin d’une fréquence d’occurrence du feu de dieu qui s’installerait progressivement dans les mœurs. A croire que de nos jours, mieux vaut paraître « uprooted » mais sexy plutôt que bien du cru mais sans style.
Alors, les penseurs philologues et les geeks ? Que pensez-vous de cette nouvelle update linguistique ?

En attendant vos réponses, pour plus d’infos débouchant sur un débat ou sur un petit brain-storming des familles, c’est ici que ça se passe.

Bonne lecture.
La Rédaction.

Legeay Alexandre
Löffel Johan
Parmentier Benjamin

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